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    Canada-Québec-Caraïbe: Connexions transaméricaines
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Numéro 1 - 2008

Edito n°1

 

La parution de ce premier numéro de RITA est l’occasion pour nous, comité de rédaction, de remercier les personnes qui nous ont encouragés dans cette vaste entreprise entamée il y a environ un an. L’ambition de RITA, qui est de proposer un nouvel espace de publication pour les jeunes chercheurs et chercheuses travaillant sur les Amériques, a trouvé un écho favorable tant au sein de l’IHEAL[1] et du CREDAL[2], nos institutions de rattachement, où de nombreux enseignants chercheurs ont accepté de parrainer le projet, que dans les universités étrangères qui ont participé à la diffusion de l’appel à communication. La confiance qu’ils nous ont accordée nous a beaucoup encouragés à persévérer dans notre démarche. Nous espérons que ce premier numéro ne trahira pas cette confiance et qu’il sera suivi de nombreux autres. RITA signifie Revue Interdisciplinaire de Travaux sur les Amériques. C’est un acronyme très intéressant car il se décline sans problème en portugais et en espagnol – respectivement Revista Interdisciplinar de Tabalhos sobre as Américas et Revista Interdisciplinaria de Trabajos sobre las Américas. Mais c’est aussi le nom d’une sainte, sainte Rita, connue pour être la patronne des causes désespérées… Et nombre d’entre vous savez combien il est difficile de publier ses premiers articles dans le monde académique !

RITA est faite par et pour des jeunes chercheurs et chercheuses. Doctorants et jeunes docteurs constituent le comité de lecture de la revue. Quant au comité de rédaction, il est composé de quatre personnes : une titulaire d’un Master de recherche en sociologie, Julie Liard et de trois doctorantes, deux en sociologie Jessica Brandler-Weinreb et Luisa Sanchez, et une en science politique Aurélie Le Lièvre. Comme son nom l’indique, RITA est interdisciplinaire. Elle comporte une partie thématique et une partie non-thématique. Elle s’adresse à tous les étudiant-e-s souhaitant s’initier à la Recherche en Sciences Sociales ; ceux de l’IHEAL bien sûr, mais pas uniquement puisqu’elle est ouverte à des contributions extérieures. Nous souhaitons que cette revue crée des ponts à niveau international entre jeunes chercheurs, aux thématiques souvent originales. RITA publie uniquement des articles inédits qui contribuent à l’analyse des dynamiques du continent américain dans les champs historique, géographique, politique, économique et social.

Pour ce premier numéro, la partie thématique a été consacrée aux« Empreintes Humaines sur la Ville / Empreintes Urbaines sur l’Homme ». Nous avons souhaité valoriser les interactions entre la ville et ses habitant-e-s dans un sous-continent marqué par l’essor urbain des années 1960, quand s’est amorcée une importante migration des campagnes vers les villes. L’Amérique latine est aujourd’hui devenue majoritairement urbaine. Dans son ensemble, le continent américaincompte trois des plus grandes mégapoles du monde : Mexico, São Paulo et New York. C’est actuellement une des zones les plus urbanisées de la planète. Cette urbanisation, particulièrement lorsqu’elle est très rapide comme en Amérique latine, génère de nombreuses transformations socioéconomiques, politiques, culturelles, environnementales, que la littérature a souvent analysées : congestion urbaines, pollution, marginalité, développement de nouveaux mouvements sociaux et culturels… Nous avons souhaité soulever quelques questions : Quelles sont les influences respectives de la ville sur les populations et réciproquement des populations sur la ville ? En quoi le milieu urbain façonne-t-il les rapports humains ? Mais aussi, comment la ville est créée et modelée par ses habitant-e-s ?

Les contributions retenues pour ce dossier sont très riches tant par leur provenance que par les disciplines et méthodologies mobilisées. Le Dossier est composé de quatre articles : un en français, un en espagnol et deux en portugais. Le premier, Réécritures urbaines : Héritages créoles et empreinte étasunienne à La Nouvelle-Orléans, est écrit par Julie Hernandez, doctorante en sociologie à Paris X. Il est consacré à la reconstruction de la Nouvelle Orléans après Katrina et à ses enjeux pour l’équilibre social urbain métissé préexistant. Le second article est rédigé par Luisa Sanchez, doctorante à l’IHEAL, et qui a depuis rejoint le comité de rédaction de la revue. Son article, Transplantar el árbol de la sabiduría: Malocas, maloqueros urbanos y comunidades de pensamiento en Bogotá, analyse le réinvestissement des pratiques indigènes en milieu urbain. Patricia Cabral de Arruda, doctorante en sociologie à l’UnB, Université de Brasilia, propose quant à elle un article consacré à la formation identitaire de la jeune capitale brésilienne et intitulé Brasília: marcas identitárias sobre a cidade, marcas urbanas sobre a identidade. Quatrième article, brésilien aussi, mais en histoire culturelle, À escuta da cidade: Pixinguinha e a paisagem sonora carioca da Primeira República, est une approche de la ville de Rio de Janeiro du début du XXe siècle à travers les mutations de la musique populaire de Alfredo Viana da Rocha Filho, plus connu sous le nom de Pixinguinha. Il est écrit par Virginia de Almeida Bessa, doctorante en Histoire Sociale, de l’USP, Université de São Paulo.

Thema comprend également une partie nommée Traits d’Unions destinée aux travaux universitaires retravaillés en vue d’une publication, mais plus courts. Les trois textes retenus sont ceux d’étudiant-e-s de l’IHEAL. Le premier est d’Amandine Delord, aujourd’hui doctorante en anthropologie. Son Invitation à « motelear ». Essai ethnographique sur la pratique du motel (Colombie) traite des usages, des symboles du motel en zone urbaine colombienne et de l’impact du contexte urbain sur le sexe tarifé. Le deuxième article est rédigé par un duo, Elodie Brun doctorante à l’IEP[3] et titulaire d’un DELA[4] et de Jean Bourdariat, titulaire du DELA également et actuellement en Master 2 Professionnel. Dans, Les maras, un risque sécuritaire et social non maîtrisé, ils appliquent la théorie du risque aux gangs du sud de la côte ouest étasunienne et d’Amérique centrale à travers une analyse de la presse. Enfin, Céline Raimbert, titulaire d’un Master 2 Recherche en géographie (IHEAL), propose une confrontation originale entre deux auteurs, Michel Agier et Agnès Serre, intitulée Kaléidoscope de la ville et de ses représentations : Regards croisés de la recherche et de l’interdisciplinarité. Ces articles sont complétés par un entretien ouvert réalisé par le Comité de rédaction auprès de Sandrine Revet , anthropologue et post-doctorante à l’IHEAL. Nous revenons sur son parcours, ses méthodes et son travail de thèse consacré à l’élaboration d’une « Anthropologie d’une catastrophe » sur  « Les coulées de boue de 1999 sur le Littoral Central vénézuélien » (2006).

Dans la partie hors thématique de la revue, Champ libre, nous disposons de trois Notes de recherche. Kim Deneuvel et Natalia Carrillo proposent des résumés de leur M2R de sociologie. La première aborde la Maternité et paternité adolescente à Buenos Aires : trajectoires, autonomie et rôles parentaux et la seconde la création d’une identification collective dans « Porque somos campesinos » La construcción de identidades colectivas en la Asociación Nacional de Usuarios Campesinos de Colombia (ANUC). Jean Foyer, jeune docteur en sociologie, partage les conclusions de sa thèse consacrée à la Diversité naturelle et culturelle face aux défis des biotechnologies: enjeux et controverses au Mexique. Enfin, Ana Milena Hergaux porte un Regard sur Paris et le Jazz dans un article intitulé Paris, Jazzmen et sociologie de la déviance.

La ville est indissociable des personnes qui l’habitent, la créent et la transforment chaque jour, tel est l’exemple donné par les malocas qui sont aujourd’hui installées à Bogota, tout comme certains mongols ont pu quitter la steppe mais sans pour autant quitter leur habitat traditionnel et on ainsi des yourtes à Oulan-Bator. Les habitants investissent et s’approprient l’espace urbain, autant dans les chambres des motels que dans les territoires tenus par les membres des maras. Chacun et chacune impose sa marque à cette scène originale de rapports sociaux qu’est l’espace urbain. La ville se recrée sans fin, même ravagée par les catastrophes qui nous rappellent le lien indissoluble que nous entretenons avec la nature. La perception de la ville, de ses dangers, de ses promesses, les fantasmes qu’elle génère, de même que sa capacité d’évocation et son pouvoir performatif auront ici été étudiés. Nous espérons que vous prendrez plaisir à lire ces articles et qu’ils vous feront réfléchir sur les interactions entre les hommes, les femmes et leurs villes.

 

Le Comité de rédaction

 



[1] Institut des Hautes Etudes de l’Amérique latine (Paris3)

[2] Centre de Recherche et de Documentation sur l’Amérique latine (CNRS-Paris3)

[3] Institut d’Etudes Politiques

[4] Diplôme d’Etudes latino-américaines proposé par l’IHEAL