RITA
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APPEL À CONTRIBUTION : Dossier "Ni Una Menos (2015-2025)", N° 19 (2026)
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Coordination :
Tania Romero Barrios (Université Paris 8 LER/CERLOM/IFEA),
Marjolaine David-Briand (Université Bordeaux Montaigne - Universidad de Buenos Aires)
Pauline Coeuret (Université Paris Nanterre, CRIIA)
Argumentaire :
À l’occasion des dix ans du Ni Una Menos (NUM), nous souhaitons réfléchir aux généalogies, actualités et héritages de ce cycle sans précédent dans l’histoire de la contestation féministe issue des Amériques latines. Si l’Argentine cristallise en 2015 un moment charnière avec la mobilisation du 3 juin à la suite du féminicide de Chiara Páez, le slogan Ni Una Menos s’enracine dans un continuum régional de luttes — du Mexique au Chili, du Pérou à l’Uruguay — tout en inspirant, à travers les diasporas et les réseaux numériques, des mouvements féministes à travers le monde (7N, Women’s march, Me too, Non Una Di Meno, IWS). À la fois slogan, hashtag, campagne mais aussi collectif féministe, Ni Una Menos est devenu un mouvement social dont les revendications initialement centrées sur la dénonciation des violences sexistes et sexuelles et leur majeure expression, le féminicide, a donné suite à la remise en question d’un système d’exploitation et d’oppressions, tout en développant une imagination politique transformatrice des grammaires militantes traditionnelles, portée par l’irruption de répertoires artistiques sensibles et d’économies affectives novatrices (Bertolaccini, 2023; Vacarezza, 2025).
Si le Ni Una Menos a été perçu comme un nouveau cycle de mobilisations féministes, il s’inscrit néanmoins dans la continuité de luttes antérieures contre les violences sexistes et
sexuelles, tout en dialoguant avec des processus historiques plus vastes dans la région : les combats pour la démocratie, la justice transitionnelle, les droits reproductifs ainsi que pour la reconnaissance des peuples autochtones et afrodescendants. C’est à l’intersection de ces dynamiques que la dénonciation des féminicides a acquis une dimension fondatrice, agissant comme catalyseur.
Élaboré dans le contexte anglo-saxon comme femicide, cette conceptualisation du « meurtre misogyne des femmes par les hommes » (Russell, Radford, 1992: 11) trouve un
écho particulier dans certains pays latino-américains. Adapté aux réalités locales, le terme acquiert une resémantisation et portée renouvelée pour rendre compte des responsabilités structurelles et de la violence institutionnelle : le terme feminicidio1, popularisé par Marcela Lagarde à partir des assassinats de Ciudad Juárez, souligne la responsabilité de l’État et les logiques d’impunité. Au Costa Rica, Ana Carcedo et Montserrat Sagot (2002) traduisent femicide par femicidio, afin de souligner le caractère généralisé et socialement construit de l’assassinat des femmes par les hommes, qu’elles inscrivent comme le dernier échelon d’un continuum de violences misogynes (Kelly, 1988). Elles y dévoilent également la portée presque pédagogique du fémicide, qui apparaît comme un rappel à l’ordre patriarcal. De son côté, la chercheuse Julia Monárrez Fragoso crée la catégorie de féminicide sexuel systémique afin de souligner l’interconnexion de la violence à l’égard des femmes avec d’autres logiques du pouvoir liées à la reproduction de la subalternité et de l’altérité et dévoilant l’inscription et l’interaction du féminicide avec les dynamiques propres au cadre géographique de Ciudad Juárez (capitalisme débridé voire gore (Valencia, 2010), Traité de Libre Échange Nord-Américain, problématiques frontalières, etc.). Ces conceptualisations ont permis de reconnaître la pluralité des violences systémiques et leurs liens avec la militarisation, le racisme, la dépossession territoriale et la crise écologique. Plus récemment, l’apparition de termes comme travesticidio et transfeminicidio (Radi et Sardá-Chandiramani, 2016) a élargi la portée politique de cette critique, en y intégrant les luttes LGBTIQ+. Ce bagage conceptuel, de même que les expériences militantes, en particulier celles à Ciudad Juárez, ont fortement influencé le Ni Una Menos. Directement inspiré du “Ni Una Más” (pas une de plus), proposé par Susana Chavez, militante mexicaine, contre les féminicides à Ciudad Juarez, le Ni Una Menos crée un continuum dans l’analyse des violences machistes et de la lutte pour la vie comme paradigme du mouvement. Par ailleurs, au-delà de la dénonciation de la systémisation du féminicide, Ni Una Menos s’est intégré à la lutte pour la légalisation de l’avortement, permettant ainsi la conquête de droits sexuels et reproductifs2 tout en créant de nouvelles dynamiques d’organisations, demandes et agendas (Natalucci et Rey, 2018).
Le slogan Ni Una Menos franchit rapidement les frontières : au Chili, au Pérou, en Uruguay, en Colombie ou au Mexique, il se reconfigure en fonction des contextes politiques,
des cultures militantes et des mémoires collectives. Au Chili, par exemple, la performance Un violador en tu camino du collectif LASTESIS (2019) traduit et prolonge l’esprit du NUM en une critique performative de la justice patriarcale; au Pérou, les manifestations Ni Una Menos – Tocan a Una, Tocan a Todas (2016-2017) lient dénonciation du féminicide et justice transitionnelle; en Amérique centrale, les collectifs féministes autochtones articulent la notion de cuerpo-territorio à la défense de la vie communautaire. Le cycle a ainsi réussi une rapide transnationalisation notamment par la viralisation de ses formes expressives et par l’usage activiste des réseaux sociaux. La dissémination des slogans, du foulard vert, des paillettes ou des performances, témoigne du potentiel transfrontalier du mouvement, qui par-delà les identités nationales, participe à la construction d’un horizon féministe commun. Le 8 mars 2017, la première grève internationale des femmes marque un tournant : Ni Una Menos devient plate-forme transnationale d’articulation entre travail reproductif, précarité, dette, extractivisme et violences de genre (Gago, 2019). Le mouvement affirme ainsi une identité profondément intersectionnelle, et s’élargit pour inclure une critique radicale du patriarcat et du capitalisme (Spyer-Dulci, 2024). Mettant en exergue le rôle des corps féminisés dans le travail de production et de reproduction ainsi que la féminisation du soin, la politisation de la mension économique du genre a ainsi permit une transversalisation du mouvement, incorporant une perspective féministe dans l’agenda des secteurs syndicalistes, et à la fois, renforçant la lecture économique de la conjoncture politique du mouvement.
De nombreux travaux, ont mis en avant la centralité du lien entre esthétique et politique dans les assemblages expressifs du mouvement ainsi que l’activation de répertoires émotionnels et affectifs complexes (Bertolaccini, 2021, 2023; Palmeiro, 2019; Gutiérrez 2023, Vacarezza 2025). Cette bibliographie reconnaît l’émergence d’activismes artistiques3 propres aux mouvements féministes, traçant ainsi une continuité avec les politiques visuelles mises en jeu par les mouvements des Droits Humains en Argentine. A titre d’exemple, le pañuelo verde, foulard vert qui a été choisi comme symbole par la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit4, lancée en Argentine en 2005, est devenu à partir de 2015 un symbole régional des luttes pour la dépénalisation de l’avortement. Accroché au sac à dos des lycéennes, brandis en l’air lors des pañuelazos5, noué autour du cou ou encore utilisé pour se cacher le visage lors d’actions directes, le foulard vert crée une filiation directe avec le foulard blanc utilisé comme signe distinctif par les mères et les grands-mères de la place de Mai dans leurs apparitions publiques pour l’apparition en vie de leurs enfants et petits-enfants disparu.es par la dernière dictature militaire (1976-1983). Ana Longoni (2021) voit dans la réappropriation du foulard la manifestation d’un pouvoir transfigurateur du féminisme : en resignifiant le passé argentin, il relie les “folles de la place aux petites-filles des sorcières qu’ils n’ont pas pu brûler”, dans une alliance sororale qui bouleverse les frontières du politique.
Ce renouvellement des formes des luttes met le corps au centre de la contestation : à la fois support d’inscription matériel de la manifestation, mais aussi véhicule affectif et performatif, la présence massive des corps et des esthétiques contestataires qu’ils portent interrompt le régime des sens, du visible et de l’invisible que constitue l’espace public (Rancière, 2015). Cette dimension tactile, festive et corporelle de la contestation féministe culmine avec la Marea verde, dans la syntonie de milliers de personnes réclamant ensemble, dans la rue, le droit à décider sur leurs corps, activant ainsi des répertoires émotionnels disruptifs vis-à-vis de la trame affective établie par le patriarcat cishétérosexuel (Vacarezza, 2025).
Dix ans après, ce cycle a profondément transformé les imaginaires politiques du féminisme. Il a permis une massification inédite du mouvement, une reconnaissance publique des violences structurelles, et une refonte des alliances entre féministes, syndicalistes, activistes LGBTIQ+, étudiantes, travailleuses domestiques et rurales. Mais cette massification s’accompagne de tensions : entre justice punitive et justice transformatrice ; entre horizontalité militante et institutionnalisation ; entre politisation du soin et son épuisement ; ou encore entre universalisation du discours et des ancrages plus locaux. Ces dernières années, ont en outre vu l’émergence de contre-mouvements conservateurs cherchant à délégitimer les avancées féministes en invoquant l’idée de « backlash » pour critiquer les politiques queer, trans et féministes, les accusant d’être « allées trop loin ». Ce contexte ouvre un véritable défi pour la pensée critique et politique : comment, dix ans après la première mobilisation massive, faire un bilan du Ni Una Menos qui permette d’interroger de manière lucide les problématiques punitivistes et identitaires de certains agendas féministes, sans pour autant faire le jeu des secteurs conservateurs ? (Cuello, 2024 ; Mitidieri y Escales 2024).
Cette périodisation critique que nous nous proposons ici d’initier invite donc les contributeur.ices à réfléchir aux origines, dynamiques, héritages et bilans de ce mouvement, en reconnaissant la diversité géographique et politique des féminismes latino-américains. Il s’agira d’interroger Ni Una Menos comme un moment d’intensification d’une histoire longue des luttes, marquée par des trajectoires, temporalités et contextes pluriels — de la pandémie de COVID-19 à la montée des droites conservatrices. Dans la lignée de Juliana Esquivel (2022, 2025), nous proposons de dépasser la périodisation en “vagues” pour penser les continuités, les ancrages locaux et les processus organisationnels qui ont rendu possible la massivité de 2015.
Les notes :
1 Dans le contexte de Ciudad Juárez, Marcela Lagarde juge l’État comme garant du maintien de l’impunité généralisée des violences, même les plus extrêmes, faites aux femmes, et considère ainsi que « quand l’État est une partie structurelle du problème de par sa dimension patriarcale et de par son attachement à préserver cet ordre, le féminicide est un crime d’État » (2008: 217).
2 En Argentine, les lois Micaela, Brisa, sur la Parité de Genre et sur l’Interruption Volontaire de Grossesse (ciaprès IVG) ont été adoptées ; de même, le registre des féminicides et le Ministère des Femmes, du Genre et des Diversités ont été créés.
3 Cette catégorie élaborée par Ana Longoni au début des années 2000 désigne des “productions et actions souvent collectives qui font appel à des ressources artistiques pour intervenir afin de prendre position et avoir une incidence dans le champ du politique”. (“agrupo bajo esta definición producciones y acciones, muchas veces colectivas, que abrevan en recursos artísticos con la voluntad de tomar posición e incidir de alguna forma en el territorio de lo político.”) Longoni, 2009, p. 18.
4 La Campaña Nacional por el Derecho al Aborto Legal, Seguro y Gratuito.
5 Le pañuelazo est une action performative réalisée par une multitude de manifestant·es sur une place, dans la rue, ou face à une institution qui consiste à brandir en l’air un foulard. Celle-ci a été massivement mises en place par le mouvement féministe argentin, illustrant la marée verte.
Afin d’aborder de manière critique ce phénomène, nous proposons cinq axes de réflexion complémentaires, détaillés ci-suit :
1. Apports épistémologiques conceptuels et pratiques des féminismes latinoaméricains
Études des concepts de « fémicide » ou « féminicide », « travesticide » et « transfeminicidio », « acuerpar » ou « corps-territoire » ; dialogues entre savoirs militants, académiques et populaires et dialogues avec d’autres mouvements dans la région ou à échelle internationale.
2. Sujet politique, intersections, paradigme de la victime et tensions
Pluralité des actrices et acteurs : jeunesse, dissidences, afrodescendant·es, autochtones, paysan·nes, syndicalistes. Modes d’organisation, coalitions et frictions internes.
3. Circulations transaméricaines et transnationales
Diffusion des répertoires (8M, LASTESIS, pañuelo verde), réseaux numériques, diasporas, traductions et réappropriations locales.
4. Grammaires activistes et artistiques
Performances, visuels, chants, dispositifs d’archivage féministes, reconfigurations du sensible et du politique.
5. Bilans, périodisations et réponses réactionnaires
Institutionnalisation, justice transformatrice, effets de la pandémie, réponses aux contremouvements. Réflexions sur les continuités et ruptures du cycle NUM.
Modalités de soumission
L’appel est ouvert à des articles scientifiques, mais aussi à des notes de terrain, des recensions, des entretiens et des textes d’opinion ou littéraires. Les articles complets sont attendus pour le 15 mars 2026 et devront être envoyés aux adresses suivantes :
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Les articles devront suivre les normes bibliographiques de la revue RITA.
Coordinatrices du numéro
● Tania Romero Barrios, doctorante Université Paris 8, LER/CERLOM/IFEA
● Marjolaine David Briand, doctorante Université de Bordeaux Montaigne, AMERIBER/ Universidad de Buenos Aires
● Pauline Coeuret, doctorante Université Paris Nanterre, CRIIA
Bibliographie indicative
- Bertolaccini, Luciana (2021). Desde el corazón de la marea. Estética y política en las protestas sociales del movimiento feminista en Rosario, UNR Editoras, Rosario. Lien : https://unreditora.unr.edu.ar/producto/desde-el-corazon-de-la-marea/
- Bertolaccini, Luciana (2023). «Nos queremos vivxs, libres y sin miedo. Festividad, goce y alegría como repertorios de protesta social feminista» in Conceφtos, n. 8, pp. 1‑25. Lien : https://doi.org/10.46608/conceptos2023b/art2
- Caputi Jane, Russell Diana E. H. (2023 (1990)), «“Femicide”: speaking the unspeakable», in Spillard Katherine (ed.), 50 years of Ms. The best of the pathfinding magazine that ignited a revolution, Knopf, New York, pp. 188-192
- Dawson Myrna, Mobayed Vega Saide (ed.) (2023), The Routledge international handbook on femicide and feminicide, Routledge, New York, 616p.
- Cabnal Lorena (2010). «Acercamiento a la construcción del pensamiento epistémico de las mujeres indígenas feministas comunitarias de Abya Yala». En Feminismos diversos: el feminismo comunitario, editado por ACSUR-Las Segovias, 10–25. España: ACSUR-Las Segovias.
- Chaparro, Amneris (2022). «Las olas feministas, ¿una metáfora innecesaria?» in Korpus21, pp. 77‑92. Lien: https://doi.org/10.22136/korpus21202284
- Courau, Thérèse (2022). « Introduction. Activisme artistique et renouveau du militantisme en Amérique latine : Performer le XXI ème siècle ». L’Ordinaire des Amériques, n. 228. Lien : https://doi.org/10.4000/orda.6919
- Cuello, Nicolas (2024). Sobre el progresismo indolente : Imágenes de la culpabilidad y la moderación afectiva ante la crítica feminista, trans y queer. Mora, 2(30), 147‑152.
- Curiel Ochy, Masson Sabine y Falquet Jules (2005). «Féminismes dissidents en Amérique latine et aux Caraïbes». Nouvelles Questions Féministes Vol.24 (2): 4–13.
- Esquivel, Juliana (2022). La movilización feminista en el centro del debate : Hacia un e s t a d o d e l a r t e s o b r e l a c u a r t a o l a e n A r g e n t i n a . h t t p s : / / www.memoria.fahce.unlp.edu.ar/libros/pm.5550/pm.5550.pdf
- Esquivel, Juliana (2025). Entre arena y olas : La manifestación feminista en La Plata (2001-2019), thèse de doctorat soutenue à l'Universidad Nacional de La Plata. Faculté de Humanidades y Ciencias de la Educación. https://www.memoria.fahce.unlp.edu.ar/library?a=d&c=tesis&d=Jte3074
- Fregoso Rosa-Linda, Bejarano Cynthia (eds.) (2010), Terrorizing women. Femicide in the Américas, Duke University Press, Durham, 382p.
- Friedman, Elizabeth. J., Tabbush, Constanza, Rossi, Felicitas (2020). Género, sexualidad e izquierdas latinoamericanas : El reclamo de derechos durante la marea rosa. CLACSO, 369p.
- Gago, Verónica, Gutiérrez, Raquel, Draper, Susana, Menéndez, Mariana, Montanelli, Marina, & Rolnik, Suely (2018). 8M Constelación feminista. ¿Cuál es tu huelga? ¿Cuál es tu lucha?. Tinta Limón, Buenos Aires, 136p. https://tintalimon.com.ar/public/53lu3fymk97mvao1avou6umunabo/pdf_978-987-3687-37-2.pdf
- Gago, Verónica (2021). La puissance féministe ou le désir de tout changer, Éditions Divergence: Paris, traduit de l’anglais pas Léa Nicolas-Teboul, 268p.
- Galindo María (2022). Feminismo bastardo. 1a edición. Buenos Aires: Lavaca.
- García, Mailén (2021). «De pañuelos verdes y pañuelazos. Las relaciones entre la movilización social y la memoria en la lucha por los derechos de las mujeres» in Clepsidra - Revista interdisciplinaria de Estudios sobre Memoria, vol. 8, n. 15, pp. 116-133.
- Gutiérrez, Laura (2023). «Duelo y Resistencia Contra las Violencias Sexo-Genéricas. Articulaciones, Debates y Corrimientos en la Protesta Feminista, de Mujeres y LGBTIQ en Paraná (2015-2017)» in Revista Punto Género n. 20, pp. 92‑123. Lien : https://doi.org/10.5354/2735-7473.2023.73462
- Lagarde, Marcela (2008). « Violencia feminicida y derechos humanos de las mujeres » in XI Congreso de Antropología: retos teóricos y nuevas prácticas, Universidad Autónoma de México, pp. 209-239.
- Lapalus, Marylène, Mora, Mariana R. (2020). « Fémicide/féminicide : Les enjeux politiques d’une catégorie juridique et militante » in Travail, genre et société, vol. 1, n. 43, La Découverte, Paris, pp. 155-160.
- Longoni, A. (2009). Activismo artístico en la última década en Argentina : Algunas acciones en torno a la segunda desaparición de Jorge Julio López. ERRATA#, 19.
- Longoni, Ana (2020). «Pañuelos : De cómo las Madres se volvieron feministas y las feministas encontraron Madres» in Carta(s) : Tiempos incompletos. Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía. Lien : https://ri.conicet.gov.ar/handle/11336/194331
- Mandelli, Thatiane, Spyer-Dulci, Teresa (2024). «En las redes y las calles: estratégias de atuação do coletivo argentino Ni Una Menos» in Autoctonía. Revista de Ciencias Sociales e Historia, Santiago de Chile, vol. 8, pp. 18-58.
- Mitidieri, Gabriela, Escales, Vanina (2024). Presentación. Mora, vol. 2, n. 30, pp. 105-108. Enlace: https://doi.org/10.34096/mora.n30.16548
- Monárrez Fragoso Julia Estela (2009). Trama de una injusticia. Feminicidio sexual sistémico en Ciudad Juárez, El Colegio de la Frontera Norte, Tijuana, Miguel Ángel Porrúa, Ciudad de México, 2009, 321p.
- Natalucci, Ana, & Rey, Julieta (2018). «¿Una nueva oleada feminista? Agendas de género, repertorios de acción y colectivos de mujeres (Argentina, 2015-2018)» in Revista de estudios políticos y estratégicos, vol., n. 2, pp. 14-34.
- Natalucci, Ana, Fernández Mouján, Lucía, Mate, Ernesto (coord.) (2023). La protesta social en la era Cambiemos: conflicto por la distribución y la respuesta represiva. Base de datos en protestas sociales en Argentina, Buenos Aires. CITRA (CONICETUMET), 87p.
- Natalucci, Ana, & Messore, Florencia (2023). «El feminismo de masas : La movilización de las mujeres y diversidades en el ciclo de la marea verde (Argentina, 2015-2020)» in Revista Punto Género, n. 20, pp. 178-205. Lien : https://doi.org/10.5354/2735-7473.2023.73465
- Palmeiro, Cecilia (2019). «Ni Una Menos : Las lenguas locas del grito colectivo a la marea global» in Cuadernos de literatura, vol. 23, n. 46, pp. 177‑195.
- Rancière, Jacques (2015). Le partage du sensible : Esthétique et politique. la Fabrique.
- Paredes Julieta (2014). Hilando fino desde el feminismo comunitario. México: El Rebozo México.
- Rivera Cusicanqui Silvia (2010). Ch’ixinakax utxiwa: una reflexión sobre prácticas y discursos descolonizadores. Buenos Aires: Retazos : Tinta Limón Ediciones.
- (2018). Un mundo ch’ixi es posible: ensayos desde un presente en crisis. Colección Nociones comunes. Buenos Aires, Argentina: Tinta Limón.
- Segato, Rita Laura (2016). La guerra contra las mujeres. Traficantes de Sueños. Lien : http://repositorio.ciem.ucr.ac.cr/jspui/handle/123456789/148
- Vacarezza, Nayla Luz (2025). Las pasiones alegres del feminismo: O cómo agitar la imaginación política contemporánea. Siglo XXI Editores.
APPEL À CONTRIBUTION SECTION VARIA N° 19 (2026)
RITA (Revue Interdisciplinaire de Travaux sur les Amériques) est une revue scientifique dont l’objectif est de publier annuellement des articles inédits contribuant à l'analyse des dynamiques des Amériques dans les champs historique, géographique, politique, économique, social, littéraire et artistique. La pluridisciplinarité est une caractéristique majeure de la revue : croiser les perspectives disciplinaires sur des thèmes précis afin d’enrichir réciproquement les réflexions des autrices et auteurs.
RITA invite les membres de la communauté de la recherche sur les Amériques à émettre des propositions d’articles pour la section « Varia » pour le numéro 19, qui sera publié en septembre 2026.
La section « Varia » constitue la seconde partie de la revue et correspond à sa session non thématique. Elle accueille les propositions qui ne correspondent pas à la thématique choisie pour le numéro. Elle est divisée en quatre rubriques : Articles, Traits d'union, Expression libre et Rencontres (voir les détails des rubriques ici).
Modalités de soumission
Les chercheur·euse·s intéressé·e·s sont invité·e·s à envoyer leur proposition, rédigée dans une des quatre langues de la revue (français, espagnol, anglais ou portugais), à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., jusqu’au 15/03/2026. Il est important de respecter les normes rédactionnelles propres à chaque rubrique (voir ici les normes de rédaction).
En cas d’acceptation, les contributions seront soumises à un processus d’évaluation scientifique par les pair·e·s en double aveugle. Les évaluations porteront tout particulièrement sur l’originalité, la pertinence et la qualité scientifique des travaux.
LLAMADA A CONTRIBUCIÓN SECCIÓN “VARIA” N°19 (2026)
RITA (Revista Interdisciplinaria de Trabajos sobre las Américas) es una revista científica que tiene por objetivo publicar artículos inéditos que contribuyan al análisis de las dinámicas de las Américas en los ámbitos histórico, geográfico, político, económico, social, literario y artístico. La multidisciplinariedad es una de las principales características de la revista, con el fin de cruzar perspectivas disciplinarias sobre temas específicos para enriquecer mutuamente las reflexiones de los autores.
RITA invita a las y los integrantes de la comunidad de investigación sobre las Américas a enviar propuestas de artículos para la sección «Varia» del número 19, que se publicará en septiembre de 2026.
La sección «Varia» constituye la segunda parte de la revista y corresponde a su espacio no temático. Acoge propuestas que no se relacionan con la temática escogida para el número. Se divide en cuatro apartados: Artículos, Guiones o “Traits d’union”, Expresión libre y Encuentros (ver los detalles de las secciones aquí).
Modalidades de proposiciones de las contribuciones
Las y los investigadores interesados están invitados a enviar su propuesta, redactada en una de las cuatro lenguas de la revista (francés, español, inglés o portugués), a la siguiente dirección: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., hasta el 15/03/2026. Es importante respetar las normas editoriales propias de cada apartado (ver aquí las normas de redacción).
En caso de aceptación, las contribuciones serán sometidas a un proceso de evaluación científica por pares doble ciego. Las evaluaciones se centrarán especialmente en la originalidad, la pertinencia y la calidad científica de los trabajos.
CALL FOR SECTION “VARIA” No. 19 (2026)
RITA (Revue Interdisciplinaire de Travaux sur les Amériques - Interdisciplinary Journal of Papers on the Americas) is a scientific journal whose aim is to annually publish original articles contributing to the analysis of the dynamics of the Americas in the historical, geographical, political, economic, social, literary and artistic fields. Multidisciplinarity is a major feature of the magazine: crossing disciplinary perspectives on specific themes in order to reciprocally enrich the authors' reflections.
RITA invites members of the research community on the Americas to submit article proposals for the “Varia” section of issue No. 19, which will be published in September 2026.
The “Varia” section makes up the second part of the journal and corresponds to its non-thematic section. It welcomes proposals that do not correspond to the main theme chosen for the issue. It is divided into four categories: Articles, Traits d’union, Free Expression, and Encounters (see details of the sections here).
Submission guidelines
Researchers interested are invited to send their proposals, written in one of the four languages of the journal (French, Spanish, English, or Portuguese), to the following address: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., by March 15, 2026. It is important to respect the editorial guidelines specific to each category (see writing guidelines here).
If accepted, contributions will be submitted to a double-blind peer-review process. Evaluations will focus particularly on the originality, relevance, and scientific quality of the work.
CHAMADA DE CONTRIBUIÇÕES SEÇÃO «VARIA» N.º 19
A RITA (Revista Interdisciplinar de Trabalhos sobre as Américas) é uma revista científica cujo objetivo é publicar anualmente novos artigos que contribuam para a análise da dinâmica das Américas nos campos histórico, geográfico, político, econômico, social, literário e artístico. A multidisciplinaridade é uma das principais características da revista, com o objetivo de cruzar perspectivas disciplinares sobre temas específicos, a fim de enriquecer mutuamente as reflexões dos autores.
A RITA convida os membros da comunidade de pesquisa sobre as Américas a enviar propostas de artigos para a seção «Varia» do número 19, que será publicado em setembro de 2026.
A seção «Varia» constitui a segunda parte da revista e corresponde ao seu espaço não temático. Recebe propostas que não correspondem à temática escolhida para o número. Está dividida em quatro rubricas: Artigos, Traits d’union, Expressão livre e Encontros (ver detalhes das rubricas aqui).
Sumissão de propostas
As pesquisadoras e os pesquisadores interessados estão convidados a enviar sua proposta, redigida em uma das quatro línguas da revista (francês, espanhol, inglês ou português), para o seguinte endereço: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., até 15/03/2026. É importante respeitar as normas editoriais próprias de cada rubrica (ver aqui as normas de redação).
Em caso de aceitação, as contribuições serão submetidas a um processo de avaliação científica por pares em duplo-cego. As avaliações incidirão especialmente sobre a originalidade, a pertinência e a qualidade científica dos trabalhos.
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Avec le soutien du LER-Université Paris 8