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  • Balneário Camboriú (Brésil) : de la station balnéaire créée ex-nihilo à la métropole régionale

Nicolas le Brazidec

Balneário Camboriú  (Brésil) : de la station balnéaire créée ex-nihilo à la métropole régionale.

L’accroissement du nombre de touristes dans les pays émergents (Chine, Inde, Brésil en particulier) est l’un des éléments nouveaux du fait touristique mondial ces dernières années. L’effectif des touristes nationaux y sont même désormais largement supérieurs à ceux du tourisme international. Au Brésil, le tourisme intérieur se développe rapidement dans les années 1960-70, à l’époque du « miracle économique brésilien », puis connaît une nouvelle phase d’extension pendant la « redémocratisation » des années 1980-1990...

...Leslittoraux des États de São Paulo, du Santa Catarina et du Nordeste sont les plus fréquentés par des touristes appartenant majoritairement aux classes moyennes originaires du Sudeste et du Sud, le cœur économique du pays. La station balnéaire de Balneário Camboriú, située dans le Santa Catarina, entre Porto Alegre et São Paulo, en est une illustration. Dès les années 1930, la bourgeoisie d’origine allemande qui a prospéré dans l’industrie textile de la région de Blumenau fréquente le littoral catarinense alors peuplé de pêcheurs descendants d’Açoriens. Les années 1960-1970 représentent un tournant. L’habitat jusqu’alors individuel et horizontal cède la place à une verticalisation des constructions et surtout à une urbanisation rapide le long du front de mer. Station balnéaire créée ex-nihilo, Balneário Camboriú passe alors d’une situation de lieu inventé par le tourisme à une diversification de ces activités par le développement de fonctions dont beaucoup sont liées au tourisme. Parallèlement à son étalement spatial, Balneário Camboriú voit aussi émerger des formes de ségrégation socio-spatiale, comme la plupart des villes brésiliennes.

 

Mots clés : Balneário Camboriú ; Littoral ; Station balnéaire ; Tourisme.

 

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Nicolas LE BRAZIDEC

Agrégé de géographie
Master 2

Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (IHEAL)

Université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle.

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Balneário Camboriú  (Brésil) : de la station balnéaire créée ex-nihilo à la métropole régionale

 
 

Introduction

          Jusqu’au début des années 1990, l’idée que les pays dits du « Tiers-Monde » demeuraient incapables de générer un mouvement touristique notable était encore très répandue dans l’opinion publique et même dans la communauté scientifique (Lozato-Giotard, 1990,Dewailly et Flament, 1993). Chez les géographes, par exemple, la question du tourisme dans les pays en développement fait, à cette époque, figure de non-sujet. À partir de la fin des années 1990, les pays du Sud suscitent, en la matière, un plus grand intérêt tout en restant considérés comme des périphéries du tourisme mondial et comme des récepteurs du tourisme Nord-Sud, la question des touristes nationaux dans les PED restant très peu abordée.

On considère alors que le tourisme domestique n’engendre que des retombées financières faibles à la différence d’un tourisme international pourvoyeur en devises. C’est donc tout récemment qu’est apparu l’intérêt pour les touristes des pays du Sud que ce soit dans le cadre d’un tourisme national ou d’un tourisme à l’étranger. Or, dans ces pays, les effectifs des touristes nationaux sont presque systématiquement supérieurs à ceux du tourisme international et, si leur apport financier est souvent moindre que celui des touristes étrangers, il se trouve compensé par l’effet de masse. Ainsi, au Brésil, les estimations fournies par l’enquête de l’Embratur (Entreprise brésilienne de tourisme) et de la FIPE (Fondation et Institut de Recherches Economiques) permettent d’avancer le chiffre de 43 millions de touristes nationaux au Brésil en 2005 c’est-à-dire près de neuf fois plus que pour les touristes étrangers (cinq millions en 2008).

Le tourisme se distingue de la simple activité de loisirs. En termes statistiques, l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) considère que la différence entre ces deux pratiques tient à l’inégale durée de séjour : les touristes passent au minimum une nuitée en dehors de leur domicile habituel. Or, la mesure des flux touristiques s’avère problématique car le tourisme n’est pas réductible au simple secteur hôtelier et, à l’inverse, ce dernier ne s’adresse pas qu’aux touristes (Stock, 2003). Le tourisme national est encore plus difficile à appréhender dans la mesure où la comptabilisation des flux intérieurs ne peut s’appuyer sur les relevés statistiques effectués aux frontières dans le cas des flux touristiques internationaux.

Pour surmonter les difficultés posées par la définition du tourisme et l’incertitude statistique liée à sa mesure, l’équipe MIT1 a réfléchi à une démarche d’analyse reposant sur les pratiques touristiques, proposant ainsi une « approche géographique du tourisme ». Selon elle, le tourisme se distingue des autres formes de mobilités dans la mesure où le déplacement qu’il implique résulte d’un choix et s’inscrit dans une temporalité du « hors-quotidien » (ce qui le différencie des loisirs qui s’inscrivent dans l’espace proche et familier du quotidien). Le tourisme est un temps de la « recréation »2 (MIT, 2008).

Parler d’une approche géographique du tourisme plutôt que d’une géographie du tourisme vise à souligner l’inscription dans l’espace du fait touristique. Les lieux touristiques naissent et sont transformés par de multiples acteurs qui interagissent : touristes, entreprises, autochtones, collectivités territoriales et États. La mise en tourisme, autrement dit, la création d’un lieu touristique, se présente donc comme un processus dynamique et anthropique.

L’activité touristique s’inscrit dans des lieux qu’elle a créés ou investis et dont elle a transformé les paysages et les formes d’organisations territoriales. Ainsi, Balneário Camboriú village de villégiature familiale du littoral atlantique du Sud du Brésil créé ex nihilo dans les années 1920 est devenu, après la Seconde Guerre Mondiale, une ville-champignon et un pôle touristique majeur. Cet article envisage de replacer les mutations paysagères et territoriales de ce lieu touristique dans une perspective géohistorique mettant en évidence les étapes de la mise en tourisme, la multiplicité des acteurs qui ont été partie prenante de ces dynamiques ainsi que, plus généralement, les facteurs à l’origine de la création de Balneário Camboriú.

La réflexion proposée ici repose sur les résultats d’un travail de terrain effectué en août 2008 sur une portion du littoral de l’État du Santa Catarina, entre la capitale de celui-ci, Florianópolis, située plus au sud, et la métropole de Curitiba au nord (carte 1). Elle repose sur une trentaine d’entretiens avec des universitaires, des membres de la sphère politico-administrative du niveau municipal à l’échelle fédérale, des résidents de Balneário Camboriú et, bien entendu, des touristes ainsi que des acteurs privés des secteurs touristique et immobilier.


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Carte 1-Localisation de Balneário Camboriú

L’étude des modalités de la création de la plage de Camboriú et des formes initiales du développement touristique de cette partie du littoral catarinense3 met en évidence le rôle central de la bourgeoisie industrielle régionale d’ascendance allemande dans sa mise en tourisme. Le développement de ce lieu touristique a ensuite été marqué par l’émergence rapide d’un urbanisme peu planifié dont la conséquence est un paysage littoral fortement bétonné et marqué par la verticalité. Les dynamiques et recompositions territoriales récentes de cette partie du littoral du Santa Catarina témoignent de la poursuite de l’étalement urbain et d’un début de fragmentation socio-spatiale, composantes d’un processus plus général de métropolisation.

 

I. De la mise en tourisme à la massification des flux : les touristes, acteurs centraux

A. Un rôle central de la bourgeoisie d’ascendance allemande

          Acteurs centraux de l’industrialisation du Rio Grande do Sul et du Santa Catarina, les deux États les plus méridionaux du Brésil, les colonos4 allemands sont aussi à l’origine de la mise en tourisme de certaines parties du Sud du pays. La présence allemande dans le Sud du Brésil remonte au deuxième quart du XIXe siècle, lorsque le gouvernement brésilien met en place une politique d’immigration de masse5.

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Carte 2- Le peuplement d’origine européenne dans le Santa Catarina et le Rio Grande do Sul

L’immigration allemande dans l’État du Santa Catarina débute dans les années 1850 et relève surtout de l’initiative privée. Les colonos s’installent dans le nord de l’État et fondent des villes telles que Blumenau et Joinville qui deviennent dès la fin du XIXe des centres industriels majeurs (carte 2). Balneário Camboriú est alors située en dehors de cette zone de colonização allemande. Néanmoins, la mise en tourisme y est précisément impulsée dans les années 1930 par des descendants d’immigrants allemands appartenant aux élites bourgeoises des principales métropoles industrielles du Santa Catarina.

À la fin des années 1920, le toponyme de Balneário Camboriú n’existe pas encore. Et pour cause, la plage n’abrite alors que quelques cabanes de pêcheurs, descendants d’immigrés açoriens. Dans sa partie sud, à l’embouchure du Rio Camboriú, l’anse présente un noyau villageois plus peuplé et mieux équipé, connu sous le nom de Barra (carte 3), dont la pêche constitue aussi l’activité principale. Le centre de gravité du município de Camboriú se trouve dans l’intérieur des terres à environ cinq kilomètres du rivage de l’Océan Atlantique (Christoffoli, 1997). L’économie locale repose alors sur une agriculture vivrière (manioc, élevage). La société locale, dans sa grande majorité, tourne donc le dos à la mer dont elle a une conception négative. Vivre au bord de la mer est alors perçu comme un signe de pauvreté et la pratique du bain de mer est inexistante.

La mise en tourisme de cette portion du littoral catarinense débute dans les années 1910 lorsque des membres de la bourgeoisie industrielle de Blumenau commence à fréquenter la plage de Cabeçudas. Celle-ci est située dans une anse entre Itajaí, au nord, et la plage de Camboriú, au sud, qui reste, temporairement, à l’écart de cette dynamique. L’hôtel Herbst y propose, dès cette époque6, quelques chambres et des cabines de plages. Les bains de mer à des fins thérapeutiques y sont pratiqués suite à certaines recommandations de médecins des villes de la région, notamment pour soigner dépression et névroses (Christoffoli, 2003).

Dans le sillage de l’hôtel Herbst, les premières résidences secondaires se développent, essentiellement à partir des années 1920. Les noms de leurs propriétaires – Currlin, Pfeilisticker, Heusi, Malburg, Buettner, Burghardt, Schauffert, Bornhausen, Zwölfer – ne font aucun doute sur l’origine des premiers touristes, issus de l’immigration allemande du milieu du XIXe siècle (Christoffoli, 2003). Ces découvreurs appartenaient majoritairement à la bourgeoisie dans leur pays d’origine, où ils avaient fait des études et acquis des savoir-faire qui ont facilité leur réussite au Brésil. Dans les premières années du XXe siècle, l’économie de la vallée de l’Itajaí est largement contrôlée par les germano-brésiliens qui s’imposent aussi dans la gestion des affaires politiques. Si la plupart d’entre eux a prospéré dans l’industrie textile à Blumenau mais aussi à Brusque, ville située quelques dizaines de kilomètres plus au sud, les immigrés allemands étaient aussi très présents dans les secteurs de la banque, de la presse et dans les professions libérales. À Itajaí, principal port du littoral catarinense pour l’exportation des productions de la région, les Allemands étaient minoritaires mais possédaient des places de choix en tant qu’armateurs ou bien dans l’import-export. Le rôle qu’ils occupaient dans le commerce avec l’Europe leur permettait de maintenir des relations avec leur pays d’origine, favorisant ainsi des contacts réguliers avec les valeurs et les pratiques du vieux continent.

Tout naturellement, ces citadins apportent avec eux les pratiques qu’ils déployaient déjà dans leur pays d’origine. Ainsi, ils passent week-ends et séjours prolongés sur la plage de Cabeçudas où les chalets en bois, nouvelles résidences secondaires se diffusent peu à peu. Dans les descriptions de l’époque, il apparaît clairement que l’appropriation de l’espace s’est faite en fonction de l’origine culturelle. Au fil des ans, les touristes d’origine allemande ne sont pas les seuls à fréquenter la plage. Toutefois, les liens d’interconnaissance – familiaux ou amicaux – qui préexistent ou qui s’y sont noués, ainsi que l’utilisation de la langue allemande, sont des facteurs de cohésion. À l’inverse, ils entraînent l’exclusion des touristes lusophones et, a fortiori, des rares autochtones. Cette attitude, de même que le choix d’investir la petite plage de Cabeçudas, écrin vierge propre à ménager l’entre-soi, n’avait-elle pas pour objectif d’éviter le mélange social voire culturel ?

Les immigrés allemands ne se contentent pas de faire du tourisme. Certains ont l’idée de tirer profit de cette manne naissante. Ainsi, José Zwoelfer, après avoir quitté l’Autriche et travaillé dans des hôtels en Angleterre, en Allemagne et en Argentine, fait construire son propre établissement, l’hôtel Cabeçudas, d’un standing assez élevé pour l’époque (Christoffoli, 2003). En outre, l’hôtel créé par José Zwoelfer procurant un confort appréciable, il explique l’attrait croissant qu’exerce la plage sur les bourgeoisies citadines des grandes villes des États voisins du Paraná et du Rio Grande do Sul, qui y retrouvent les commodités auxquelles elles sont habituées. Progressivement, on ne vient plus seulement à Cabeçudas pour sa plage mais tout autant pour les occasions de rencontre qu’elle fournit. La localité devient un haut lieu de sociabilité pour les classes dirigeantes économiques et politiques catarinenses. Des accords politiques et des marchés entre entrepreneurs – mais aussi des mariages – sont alors conclus à Cabeçudas.

Cependant, l’alignement des maisons installées directement sur la petite plage de Cabeçudas – dont la longueur n’excède pas un kilomètre – entraîne, dès la fin des années 1920, un véritable verrouillage du front de mer cachant la vue à ceux qui voudraient s’installer dans ce nouveau lieu à la mode fréquenté par les élites locales et même régionales. Élément de différenciation sociale entre les propriétaires et ceux qui étaient contraints de rentrer chez eux, à Itajaí ou Blumenau, après une journée de détente au bord de la mer, la résidence secondaire procure aussi davantage de distinction à son propriétaire si elle offre une vue sur mer. Il s’agit d’un basculement majeur dans l’évolution de cette portion d’espace dont les rares habitants, quelques années plus tôt, tournaient encore le dos à l’océan.

La densification rapide du bâti dans un site exigu – sans qu’on puisse parler de saturation – et, surtout, l’inégale distribution des lots sur la plage de Cabeçudas, conduisent alors certains touristes à rechercher une alternative tant pour établir une résidence secondaire que pour trouver un nouvel environnement leur permettant de profiter de la vue sans entrave. Leur choix s’oriente vers la plage de Camboriú, située à moins de cinq kilomètres plus au sud.

 

B. De la plage de Cabeçudas à celle de Camboriú : un déplacement du centre de gravité

La mise en tourisme de la plage de Camboriú débute dans les années 1920. Les premiers achats de cabanes de pêcheur et de terrains agricoles pour construire des maisons de plage ont lieu en 1926. Leurs acquéreurs sont, entre autre, Walter Capelle, médecin-chef de l’hôpital Santa Isabel de Blumenau, Victor Kleine, directeur de la papeterie d’Itajaí ou encore le banquier Rudi Renaux Bauer. Au fil des années, les infrastructures hôtelières se développent sur le front de mer.

La lecture des patronymes des propriétaires des premiers hôtels de Camboriú, présentés dans le tableau 1 montre, comme à Cabeçudas, l’importance du rôle des Germano-brésiliens dans la mise en tourisme de la plage. Les témoignages rapportent d’ailleurs que dans les premières années du développement touristique de la plage de Camboriú, les autochtones (pêcheurs, agriculteurs) nommaient « Allemands » tous ceux qui portaient un short ou un maillot, comme si le terme était devenu synonyme de « touristes ». Ceci peut laisser penser que, pour les locaux – bien qu’ils aient été fort rares – le choc culturel a été double. La confrontation à l’altérité tenait autant à l’origine culturelle des premiers visiteurs qu’aux nouvelles pratiques et au nouveau rapport à la mer qu’ils instauraient : arrivée en voiture, bains de mer, port de tenues vestimentaires légères…

 

Nom de l’hôtel Propriétaire Année d'inauguration
Hôtel do Jacó (devient l'hôtel Miramar en 1934)  Jacó Alexandre Schmidt 1928
Hôtel Blumenauer Volskalender Ingo Hofmann 1934
Hôtel Balnéario Paulo et Lilly Onckem 1934
Hôtel da Alice

Alice Schreep (racheté
ensuite par Inês Schmidt)

1938
Hôtel Silva Bruno Silva Années 1940
Hôtel Baturité

Baturité Campos (racheté

par Ewaldo Banthiem puis

par Bruno Schroeder)

Années 1940
Hôtel Fischer Adolfo Fischer 1957
Hôtel Marambaia Osmar de Souza Nunes 1967

Tableau 1- Chronologie de l’implantation des premiers hôtels à Balneário Camboriú
Source : Corrêa (1985)

La Seconde Guerre Mondiale gèle temporairement la fréquentation de la plage de Camboriú : les Brésiliens d’origine allemande sont tenus à l’écart des côtes pendant le conflit. Les autorités qui craignent de possibles attaques des forces de l’Axe font réquisitionner les hôtels de la plage par l’armée brésilienne qui y installe des postes d’observation.

La guerre terminée, la fréquentation touristique reprend. C’est à partir de 1950 qu’elle s’intensifie avec, pour corollaire, une extension des constructions le long du front de mer puis vers l’intérieur. Au milieu des années 1950, Leopoldo Zarling, ancien patron d’une scierie investit dans des terrains sur la plage de Camboriú et fonde son agence immobilière à Itajaí. Il viabilise les parcelles agricoles qu’il a achetées et y crée le plus de lots possible sur lesquels les nouveaux propriétaires font construire de petits chalets contribuant à l’horizontalité du bâti dont témoigne la photographie 1. Les pêcheurs locaux cèdent alors aux sirènes du profit : la plupart acceptent de vendre leurs cabanes et leurs terrains agricoles. Commence alors une urbanisation du front de mer, en dehors de tout cadre législatif.

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Photographie 1- Vue générale de la plage de Camboriú au début des années 1950Source : Archives municipales de Balneário Camboriú.

Au premier plan, les rives du rio Camboriú demeurent vierges de toute construction. Le reste du paysage témoigne d’un bâti encore discret même s’il semble s’être déjà étendu à l’ensemble du front de mer. À l’exception d’un bâtiment, les constructions ne dépassent pas un étage.

L’acquisition d’une résidence secondaire par Jõao Goulart, président du Brésil de 1961 à 1964, contribue à faire connaître encore davantage Balneário Camboriú qui est alors à l’aube de son entrée dans l’ère du tourisme de masse. La décennie 1960 concentre les mutations les plus profondes qu’a connues la plage de Balneário Camboriú où émerge un type urbain inédit sur le littoral sud du Brésil.

 

C. Les transports, facteur de massification de la fréquentation touristique

En 1934, les premiers résidents de la plage de Camboriú réclament à la municipalité l’ouverture d’une voie carrossable entre la route Itajaí-Camboriú (ouverte dans les années 1920) et la plage. Jusqu’aux premières années d’après-guerre, la fréquentation des résidences secondaires de la plage de Camboriú reste le fait d’une élite bourgeoise qui se démarque du reste de la société par la possession d’une voiture. Ceux qui n’ont pas les moyens d’être motorisés profitent, toutefois, des plaisirs de la plage lors d’excursions à la journée puisque, au début des années 1950, il y a cinq allers-retours quotidiens en bus au départ d’Itajaí et un au départ de Blumenau et Brusque (Borba Correa, 1985)

L’année 1954 voit l’inauguration de la ligne de chemin de fer entre Blumenau et Itajaí, entraînant un accroissement de la fréquentation touristique de la plage de Camboriú. Mais c’est surtout la démocratisation de la voiture qui, à partir de la fin des années 1960, entraîne une massification de la fréquentation touristique concurrençant d’ailleurs la voie ferrée fermée dès 1971. La même année, la route BR-101 est inaugurée (Borba Correa, 1985). Surnommée la translittorale, elle longe la côte atlantique du Brésil sur plus de 4500 km et passe par Balneário Camboriú. Elle y entraîne un changement d’échelle dans l’origine géographique de ses visiteurs. Les touristes du Paraná, du Rio Grande do Sul et même de São Paulo affluent et

en viennent à dépasser le nombre des catarinenses (carte 3). En outre, le pays est alors en pleine période du « miracle brésilien », marqué par la vitalité du secteur de la construction automobile, des taux d’équipement des ménages en forte croissance, le tout sur fond de boom démographique. C’est à cette époque qu’émergent les classes moyennes brésiliennes.

Balnéario Camboriú
  Distance en kilométres

Temps de parcours

en voiture

Temps de parcours

en avion

Buenos Aires 1420 19h 3h15 7
Sao Paulo 625 7h45 1h 8
Porto Alegre 530 7h 1h 8
Tableau2- Distances et temps de parcours (au 1er août 2009)

Sources : compagnies aériennes Gol et Tam. Site Internet de la municipalité :

http://www.camboriu.com.br/

Attirés, tout comme les gaúchos9, par des eaux plus chaudes et un littoral plus découpé que les leurs, les Argentins – et, dans une moindre mesure, les Uruguayens – arrivent à Balneário Camboriú à la fin des années 1980. S’ils profitent aussi de l’amélioration des infrastructures de transport dans le Sud du Brésil, c’est surtout la dépréciation du real par rapport au peso, la monnaie nationale, qui permet aux Argentins de voyager à moindres frais dans le pays voisin. L’aéroport de Florianópolis devient international à cette époque avec la multiplication des vols en provenance d’Argentine. Depuis 2004, celui de Navegantes, situé à une trentaine de kilomètres de Balneário Camboriú accueille, lui aussi, des vols en provenance de ce pays (tableau 2).

Le doublement actuel des voies de la BR-101, sur un tronçon de 350 km entre Florianópolis et Osório (près de Porto Alegre) devrait conforter le processus d’intégration au réseau de transport régional et national et consolider la fréquentation en provenance des pays voisins du Cône Sud. En effet, le marché émetteur chilien témoigne d’un certain dynamisme depuis quelques années déjà, malgré la distance qui le sépare du sud du Brésil. En attendant, la fréquentation de Balneário Camboriú présente une régionalisation marquée de l’origine des touristes (carte 3).

 

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Carte 3- L’origine géographique des touristesà Balneário Camboriú en 2007

D’une année sur l’autre, entre le quart et le cinquième de la fréquentation annuelle se concentre sur les mois de janvier et de février (SANTUR, 2007 et 2008). Durant la haute saison, les familles, les jeunes, à la fois brésiliens et argentins, sont les plus nombreux. Aux saisons intermédiaires (les mois de mars et de juillet, les jours de congés d’avril, septembre, octobre et novembre ainsi que la première quinzaine de décembre), la station est surtout fréquentée par des retraités brésiliens. Les retraités argentins privilégient, quant à eux, les périodes de basse saison (avril, mai, juin et août et de septembre à novembre, hors périodes de vacances scolaires). De manière générale, les touristes du troisième âge sont attirés par des prix promotionnels en basse saison et voyagent sous la forme de packages en formule « tout inclus ». De ce point de vue là, le fonctionnement de Balneário Camboriú est donc très proche des modèles européens et nord-américains, et l’intensité de la fréquentation de la ville par les seniors rappelle Benidorm mais aussi Fort Lauderdale et Boca Raton (Floride).

 

II. Balneário Camboriú, une station balnéaire créé ex nihilo par le tourisme

Selon l’équipe MIT:

« l’apparition d’un lieu touristique relève de deux processus précis (…) : soit le lieu existait pleinement avant le développement touristique, et disposait d’une population et d’activités économiques qui assuraient et la survie et le développement de la société en place ; soit le tourisme a créé des lieux ex nihilo, c’est-à-dire que le tourisme se développe dans des endroits très peu ou pas mis en valeur jusqu’alors par les sociétés ». (2003)

 

Balneário Camboriú appartient au deuxième type de lieu touristique. À l’image du modèle de création de bon nombre de lieux touristiques européens de la fin du XVIIe siècle au XIXe siècle (Deauville, Brighton, San Sebastián…), c’est la bourgeoisie industrielle régionale qui a découvert la plage de Camboriú dans la première moitié du XXe siècle. Il y a bien invention touristique du lieu car les visiteurs ont proposé une nouvelle perception de la mer et surtout une nouvelle utilisation de cette ressource à travers la pratique des bains de mer. La fonction halieutique se trouve progressivement supplantée par une activité inexistante jusqu’alors : la recréation.

 

A. Du village de pêcheurs sur la « plage de Camboriú » à la ville et au município de « Balneário Camboriú ».

 

Les premiers acteurs de la mise en tourisme sont les découvreurs puis les touristes qui, dans leur sillage, pratiquent le lieu. C’est dans un deuxième temps, seulement, qu’interviennent les promoteurs dont l’objectif principal est de tirer profit de la mise en tourisme, et les pouvoirs publics qui légifèrent et aménagent.

Comme le montre la photographie 2, malgré un front de mer dédié au tourisme, cette activité a précédé l’équipement du lieu ce qui montre bien que c’est la fonction touristique qui a fait exister Balneário Camboriú. Ce nouveau type de lieu acquiert même une reconnaissance administrative lorsque celui-ci obtient, en 1954, son détachement de la commune-mère de Camboriú. Ce dédoublement se trouve matérialisé par la toponymie. En effet, au nom d’origine est accolé un terme renvoyant à l’activité principale et fondatrice du lieu : Balneário signifie « station balnéaire », de la même façon qu’en France, on aurait pu trouver Camboriú-les-Bains ou Camboriú-Plage.

 

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Photographie 2- La plage et l’avenue du front de mer à Balneário Camboriú en 1958 Source :Archives municipales de Balneário Camboriú.

Déjà en 1958, la densité des voitures et des baigneurs témoigne d’une fréquentation touristique assez forte. Même si la photographie n’offre ici qu’une vue partielle de la plage, on peut constater le caractère sommaire des infrastructures : voie de circulation non revêtue, absence de parcs de stationnement et de trottoirs, moyenne densité des constructions.

L’autonomisation de Balneário Camboriú ne fait qu’entériner une inversion progressive des polarités entre le chef-lieu originel et la station touristique. Déjà, au début des années 1950, la plage de Camboriú avait été raccordée au réseau d’électricité (photographie 2) avant même que ne le fût le chef-lieu du município10. En 1954, ouvre la première pharmacie puis, à la fin des années 1950, un temple luthérien ainsi qu’un autre pentecôtiste sont inaugurés11. La construction de la première école date de 1960. L’apparition de fonctions dites banales à Balneário Camboriú montre bien que l’évolution administrative n’a fait qu’accompagner une dynamique fonctionnelle. Celle-ci est même à l’origine d’un basculement des centralités, les fonctions de commandement d’échelle locale et régionale se concentrant désormais à Balneário Camboriú. Camboriú se trouve alors reléguée au rang de ville-dortoir et connaît un faible dynamisme démographique pendant une vingtaine d’année, alors que la ville littorale se trouve métamorphosée par une véritable explosion démographique.


B. Balneário Camboriú, ville-champignon. Urbanisation et urbanisme

Le graphique 1 présente l’évolution démographique de Balneário Camboriú depuis les années 1930. Il fait apparaître nettement une croissance lente de la population jusque dans les années 1960. À partir des années 1970, le boom de la fréquentation touristique entraîne une explosion du nombre d’habitants. La station touristique étant désormais consolidée, la présence d’une population résidente à l’année pouvant vivre du tourisme se justifie. Comme dans toutes les villes brésiliennes à la même époque, cette croissance démographique est alimentée par un fort exode rural, en provenance, essentiellement, de l’ouest du Santa Catarina et du Paraná. Les migrants cherchent à s’employer dans les secteurs du bâtiment et des services d’entretien de la voirie pour les hommes, dans la restauration, le commerce et le tertiaire inférieur pour les femmes. La croissance se poursuit dans les années 1990 et 2000 à un rythme exponentiel : la population de Balneário Camboriú fait plus que doubler entre 1991 et 2008 pour atteindre aujourd’hui plus de 100 000 habitants (IBGE).

 

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Graphique 1- Évolution démographique de Balneário Camboriú
Source : Archives municipales de Balneário Camboriú.

Ce dynamisme démographique se traduit par un étalement urbain sans précédent correspondant à un boom de la construction immobilière (carte 4). En quelques années, la ville est passée d’une phase pionnière de la construction, selon des méthodes artisanales et des formes traditionnelles (chalets en bois), à une phase industrielle marquée par le début de la « verticalisation » du paysage et le foisonnement des constructions en béton armé (Skalee, reis, 2008).

Les photographies  3 et 4  mettent en évidence le caractère récent de cette dynamique paysagère, à l’origine d’une skyline qui n’est pas sans rappeler celle de Benidorm, station balnéaire espagnole qualifiée de « Manhattan balnéaire » (MIT, 2008). Le bétonnage du littoral qui se développe dès les années 1960 en Espagne – mais aussi ailleurs en Europe, de la Côte d’Azur à Rimini (Italie) – a d’ailleurs été nommé à partir de toponymes du littoral espagnol puisqu’on parle de « baléarisation » ou encore de « marbellisation ».

 

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Photographie 3- Balneário Camboriú au début des années 1970

Source : Archives municipales de Balneário Camboriú.

 

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Photographie 4- Balneário Camboriú en 2000

Source : Archives municipales de Balneário Camboriú.

À Balneário Camboriú le processus s’amorce dans les années 1970 mais le rythme des constructions reste modéré jusque dans les années 1980. Il s’intensifie surtout à partir des années 1990 et le pic de construction est atteint en 1996 avec un million de mètres carrés construits en une année12 (Starke Lee, 1998). La ville compte aujourd’hui 259 immeubles de plus de douze étages et la surenchère dans la hauteur des immeubles est constante comme l’illustre le graphique 2. L’Ocean Palace dont l’inauguration est prévue en 2011 devrait atteindre les 137 mètres de hauteur et compter 42 étages.

 

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Graphique 2- Les plus hauts gratte-ciel de Balneário Camboriú depuis les années 1960

Cette croissance horizontale et verticale, à la fois dense et rapide, a été facilitée par l’absence de législation fédérale concernant l’urbanisme : à l’échelle, nationale il n’existe que des directives. C’est donc à l’échelle municipale que se joue la législation en matière d’urbanisme.

 

C. L’aménagement chaotique ne remet pas en cause l’attractivité du lieu touristique.

Avant 1964, l’inexistence d’une politique d’aménagement urbain est le fruit de la précarité de la gestion administrative du lieu, situé sur un territoire municipal au sein duquel la dichotomie avec le chef-lieu ne fait que s’accentuer. Mais, une fois l’autonomie acquise pour Balneário Camboriú, la nouvelle municipalité ne cherche pas vraiment à planifier l’urbanisation naissante. Au contraire, la tendance est plutôt à la complaisance. Dès 1966, la loi municipale n°37 spécifie que seules les constructions en maçonnerie seraient autorisées dans le centre-ville. Ceci exclut les potentiels propriétaires dont les moyens ne leur permettaient pas de faire bâtir une maison autre qu’en bois. La législation est donc à l’origine d’un processus de différenciation socio-spatiale en établissant un zonage qui réserve aux plus aisés les espaces les plus stratégiques de la ville, à haute valeur foncière. C’est aussi un moyen de privilégier la « verticalisation » de l’urbanisation plutôt que l’horizontalité du bâti. En 1974, le premier plan directeur de Balneário Camboriú instaure un nombre d’étage à ne pas dépasser. La hauteur maximum a été fixée à vingt étages mais les promoteurs peuvent en prévoir vingt-cinq si les cinq étages supplémentaires sont réservés aux parkings, aux commerces ou bien à des salles de sport ou de jeu, ce qui dénote une certaine flexibilité. En fait, la municipalité privilégie largement le laisser-faire et l’aménagement de la ville consiste en un patchwork d’initiatives privées qui prennent le pas sur un véritable projet collectif à l’échelle, plus englobante, de l’ensemble du município. Cette absence de régulation des pouvoirs publics tient à la collusion qui existe entre la municipalité et les entrepreneurs privés du secteur du bâtiment. En effet, plusieurs maires de Balneário Camboriú appartiennent à des familles d’entrepreneurs dans la construction civile tels que les Stein et les Pio. Harold Schultz, maire entre 1983 et 1988, et Rubens Spernau, maire de 2002 à 2008, tous deux ingénieurs civils, étaient même l’un et l’autre à la tête d’une grande entreprise de construction.

Outre le bétonnage du paysage, la verticalisation de Balneário Camboriú n’est pas sans poser un certain nombre de difficultés d’aménagement. La largeur des rues, tout d’abord, a été mal proportionnée par rapport à la hauteur des immeubles dont les façades se trouvent très rapprochées les unes des autres ce qui pose, bien évidemment, leproblème de la captation de la lumière. Cette donnée urbanistique est aussi à l’origine de l’étroitesse des trottoirs et du grand nombre de rues à sens unique entraînant la congestion régulière des axes les plus proches du front de mer fréquentés par les piétons autant que par les voitures. L’étroitesse des rues, combinée à la hauteur des immeubles, est aussi à l’origine d’un effet-canyon entravant la circulation de l’air et provoquant l’accumulation des polluants et de la chaleur. La hauteur des immeubles contribue, en outre, à l’assombrissement de la plage dès quinze heures en été. Pour enrayer le problème et prolonger la période d’ensoleillement de la plage, la municipalité projette d’ailleurs d’apporter du sable pour que celle-ci gagne en extension sur la mer. En outre, la rareté des espaces verts et l’imperméabilisation des sols sont à l’origine d’inondations récurrentes : la ville est traversée par deux fleuves – dont un en grande partie souterrain – et installée sur un ancien site lagunaire. Enfin, les infrastructures de traitement des eaux usées ne sont pas adaptées au gonflement de la population durant la saison estivale et on a pu observer, ces dernières années, une dégradation alarmante de la qualité des eaux de baignade. Ceci ne suffit pas à démentir le succès de Balneário Camboriú, auprès des touristes puisque la fréquentation cumulée de la station a été de 3 millions de touristes sur l’année 2007 et de 3,4 millions en 2008 (SANTUR).

Le paysage d’urbanisme linéaire sur un front de mer de plus de six kilomètres dans un cadre de morros a valu à Balneário Camboriú le surnom de « Copacabana du Sud », plage de Rio de Janeiro, référent brésilien tout autant que mondial, et haut lieu touristique qu’on imite en espérant réitérer le même succès. En 1997, la municipalité a d’ailleurs fait construire sur un promontoire dominant la ville, le morro da Cruz, une statue de 33 mètres de hauteur dite du Cristo Luz (carte 4) sur le modèle du Christ Rédempteur qui trône au sommet du Corcovado à Rio de Janeiro. Depuis 1999, Balneário Camboriú possède aussi un téléphérique qui permet d’accéder au Pain de Sucre local sur lequel a été aménagé, le Parque Unipraias, un parc à thème centré sur l’écologie (centre de sensibilisation à la protection de la mata atlântica, accrobranche). Il permet surtout d’accéder à un belvédère offrant une vue panoramique sur l’ensemble de la ville. En faisant le choix de mettre en scène l’urbanité de Balneário Camboriú, dans ce qu’elle a de plus spectaculaire, la municipalité montre qu’elle est consciente que le paysage urbain de Balneário Camboriú est devenu une attraction touristique en soi.

 

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Carte 4- Balneário Camboriú : évolution de l’espace urbain et organisation de l’espace touristique

III. Balneário Camboriú  en recomposition : de la station touristique à la métropole émergente

A. Une riviera à l’origine d’une conurbation

          Alors que Balneário Camboriú  se caractérise par la fragilité de sa planification en matière d’urbanisme, l’aménagement local ne peut se passer d’une réflexion à une échelle régionale. Celui-ci doit désormais prendre en compte le développement touristique et l’urbanisation d’une portion non négligeable du littoral catarinense.

Avec Florianópolis, Balneário Camboriú se trouve à la tête d’une nébuleuse de stations touristiques plus petites formant un véritable chapelet sur le littoral du Santa Catarina. Entre ces deux pôles principaux, le développement touristique s’organise linéairement et de façon plus ou moins continue selon les portions du littoral en dépit d’une topographie accidentée.

Située à environ six kilomètres plus au sud, Itapema a vu son développement impulsé par l’agent immobilier Leopoldo Zarling qui avait déjà joué un rôle central à Balneário Camboriú dans les années 1950. De la même manière, il y achète des terrains aux pêcheurs locaux puis les fait viabiliser pour les revendre sous forme de lots à la bourgeoisie de Blumenau, Joinville, Jaraguá do Sul, Brusque... Toutefois, à la différence de Balneário Camboriú, Itapema n’émerge qu’à partir de la mise en circulation de la BR-101. Jusqu’à l’ouverture de l’hôtel Presidente en 1968, la plage ne compte aucun établissement hôtelier. La première agence immobilière, l’agence Andorinha, ouvre en 1973. Les deux premiers immeubles sont aussi construits au milieu des années 1970. La mise en tourisme se fait donc plus tardivement qu’à Balneário Camboriú mais les premiers touristes ont le même profil que dans la station voisine. Il s’agit surtout de familles de riches industriels germano-brésiliens de la vallée de l’Itajaí à l’instar des Von Buettner, spécialisés dans la production de linge de maison à Brusque.

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Graphique 3- La croissance démographique des stations touristiques voisines de Balneário Camboriú

Le décollage de l’activité touristique se produit au début des années 1980 et c’est surtout à partir de l’année 1983 que la ville connaît un boom de la construction. En moyenne, les prix de l’immobilier sur le front de mer ont été multipliés par dix entre 2000 et 2008. Parallèlement, la population a cru à un rythme soutenu : entre 1970 et 2000, elle a doublé tous les dix ans. Ainsi, Itapema, qui avait 3 500 habitants en 1970, en compte aujourd’hui plus de 35 000 (graphique 3). La morphologie de la ville a évolué d’une manière très similaire à celle de Balneário Camboriú, conjuguant étalement sur le front de mer puis en direction de l’arrière-pays, et verticalisation mais dans des proportions moindres que dans la ville voisine comme le montre la photographie 5.

 

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Photographie 5- La plage d’Itapema en 2008

Les immeubles du front de mer d’Itapema n’ont pas la hauteur de ceux de la station balnéaire voisine de Balneário Camboriú. En cette fin de journée de la mi-août, au cœur de l’hiver austral, la plage est déserte. (Photo de l’auteur)

Les plages de Porto Belo et Bombinhas, situées sur une presqu’île, six kilomètres plus à l’est, ont été mises en tourisme plus tardivement. L’acteur central est, ici encore, Leopoldo Zarling qui y achète une maison en 1966. Cependant, la dynamique touristique ne se développe pas aussi vite que dans les stations voisines. Jusque dans les années 1990, la pêche demeure la principale activité économique. C’est en 1989 qu’ouvre la première école de plongée à Bombinhas. Le tourisme prend peu à peu une place croissante dans l’économie locale entraînant une croissance démographique accélérée qui justifie, en 1992, l’autonomie de Bombinhas, jusqu’alors intégrée au município de Porto Belo. Entre 1970 et 2008, la population des deux municípios quadruple pratiquement (graphique 4).

Quelques années plus tard, Porto Belo emboîte le pas à Bombinhas suite à un événement totalement conjoncturel. En effet, en 1997, un navire de croisière ne pouvant accoster dans le port d’Itajaí à cause de la marée basse cherche un autre mouillage pour faire débarquer les passagers : il choisit Porto Belo. Si la petite ville n’offre aucune infrastructure d’accueil pour ce type de navire – elle n’est encore qu’un modeste port de pêche – elle présente une grande facilité d’accès et de bonnes conditions pour jeter l’ancre. Les années suivantes, plusieurs croisiéristes font de Porto Belo une escale sur les trajets au départ de Rio, Búzios ou Santos et en direction de Punta del Este ou Buenos Aires. Ainsi, trente-quatre bateaux y ont fait étape durant l’été 2007-2008, contre seulement une dizaine à Itajaí.

L’étalement spatial de ces trois stations balnéaires les a fait se rejoindre pour ne plus former qu’un seul linéaire urbain sur une trentaine de kilomètres. Cette diffusion du tourisme en tache d’huile autour du bipôle Balneário Camboriú/Itajaí caractérise aussi le littoral situé au nord de cette ville. Dès les années 1970, de petites stations comme Balneário Piçarras et Barra Velha ont accueilli une clientèle familiale régionale. En 1991, est inauguré à Penha le plus vaste parc d’attraction du Brésil : Beto Carrero World. Celui-ci bénéficie de la proximité du chapelet de stations balnéaires du littoral catarinense, qui constituent les points de départ de nombreuses excursions à la journée en direction du parc à thème.

Ce littoral touristique dominé par une fréquentation haut de gamme, présentant de fortes densités sur un étroit liseré littoral situé entre mer et montagne mérite donc l’appellation de riviera (Brunet, 1992). La combinaison d’un climat attractif et, d’une côte composée de caps et de baies, le rapproche d’ailleurs de la Riviera ligure ou de la Côte croate. Plus encore, comme sur la Côte d’Azur, c’est une véritable conurbation qui est en formation sur le littoral catarinense (carte 5) à la faveur de la diffusion spatiale du tourisme autour d’un centre bicéphale composé de Balneário Camboriú et Itajaí. L’urbanisation se trouve structurée par l’autoroute BR-101 qui facilite les migrations pendulaires entre les différents pôles composant cette conurbation.

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Carte 5- Balneário Camboriú, au cœur d’une conurbation en formation

 

B. Une métropolisation inachevée

C’est, tout d’abord, d’un point de vue morphologique, que Balneário Camboriú fait figure de métropole émergente. Les recompositions en termes de localisation des activités et des individus sont à l’origine d’une dilatation du bâti et des espaces peuplés (Lévy et Lussault, 2003). Cette conurbation s’organise autour de deux centres majeurs, Balneário Camboriú (100 000 habitants) et Itajaí (170 000 habitants), principaux pôles d’emploi de cette aire urbaine d’environ 550 000 habitants. La conurbation ne repose donc pas uniquement sur la fonction touristique comme en témoigne le complexe industrialo-portuaire d’Itajaí et des formes de polarisation périphériques se font jour (Itapema).

D’un point de vue socio-économique, après avoir été, dans un premier temps, lieu de villégiature familiale à l’écart de la ville, Balneário Camboriú est devenue une métropole régionale où on vient désormais pour l’animation de sa plage et de ses rues. Les centres commerciaux sont très fréquentés par des consommateurs qui y trouvent les mêmes boutiques e luxe qu’à Rio de Janeiro et São Paulo (PIRES, communication orale). Si, aujourd’hui, la station balnéaire attire toujours autant, c’est surtout parce que, outre les attributs de la station touristique (plage, promenade, hôtels et restaurants de toutes les catégories13), Balneário Camboriú possède des fonctions qui lui confèrent une réelle urbanité. Elle constitue aujourd’hui un lieu polyfonctionnel, même si l’activité touristique y demeure encore très fortement ancrée et que beaucoup de fonctions urbaines sont en filiation avec elle. C’est, en particulier, le cas des secteurs du bâtiment et de l’immobilier. Balneário Camboriú a aussi bénéficié de l’installation d’une université privée, annexe de celle d’Itajaí (UNIVALI), qui propose notamment des formations centrées sur le tourisme et l’hôtellerie. Mais c’est surtout le secteur du commerce qui s’est beaucoup développé récemment. Ainsi, les shopping centers, véritables temples de la consommation de masse comprenant des galeries marchandes, des restaurants, des cinémas, parfois autour d’un supermarché, se sont multipliés ces dernières années (carte 4).

Cette démultiplication des acteurs économiques a fait de Balneário Camboriú un véritable complexe touristico-commercial. Cette offre marchande locale est propre à satisfaire des touristes – la plupart du temps eux-mêmes citadins – qui veulent trouver, sur leur lieu de vacances, une densité et une diversité de services, autant dire un niveau de confort, similairesà ceux de leur lieu de résidence habituel. Ce haut niveau de services attire aussi une population appartenant aux classes supérieures de la société brésilienne qui viennent s’y installer à l’année. Ainsi, des hommes d’affaires travaillant à São Paulo ont élu domicile à Balneário Camboriú. L’aéroport de Navegantes leur permet de gagner le cœur économique du pays en une heure tout en habitant, avec leur famille, dans un environnement urbain qui leur garantit un niveau de sécurité bien supérieur à celui de la mégapole pauliste. La quête de la sécurité se trouve, en effet, au cœur des comportements géographiques des citadins des classes moyennes et supérieures latino-américaines. Elle est une composante de la qualité de vie, autre préoccupation majeure des Brésiliens les plus aisés, soucieux de leur environnement urbain (proximité et qualité des services publics ou privés, accessibilité, arborisation…). Le Santa Catarina est d’ailleurs un des États brésiliens les plus cotés en la matière.

Le tourisme n’est donc plus qu’une composante, parmi d’autres, de la dynamique urbaine, même si en termes de production de richesse et d’emplois induits, son poids demeure majeur. Le taux de fonction touristique (nombre de lits pour cent habitants) témoigne de cette mutation du lieu. Il est seulement de 0,55 ce qui montre bien que le tourisme n’est plus qu’une composante, parmi d’autres, de la dynamique urbaine, même si en termes de production de richesse et d’emplois induits, son poids demeure majeur. Si un processus d’intégration économique régionale est en cours, avec les villes industrielles de l’intérieur (Blumenau, Gaspar, Brusque), dont les touristes venus du littoral constituent une part croissante de leur clientèle, l’influence de Balneário Camboriú se trouve limitée par celle de Florianópolis au sud et celle de Curitiba au nord. La première, capitale de l’État du Santa Catarina, est mieux reliée au réseau des villes brésiliennes et même argentines tout en possédant un panel de fonctions plus vaste. La seconde, à la tête de l’État voisin du Paraná et d’une agglomération de plus de trois millions d’habitants concentre technopôles, nœuds d’interconnexion et corridors d’activité, ce que ne possède pas encore Balneário Camboriú.

 

C. Métropole brésilienne, métropole fragmentée.

Ces dynamiques territoriales, qui ont vu l’émergence de nouvelles polarités autour de l’activité touristique, conduisent aussi à des recompositions en termes de mobilité et de localisation des individus. Après une réflexion à l’échelle régionale, c’est maintenant à l’échelle locale qu’il faut envisager le caractère sélectif de la production urbaine de Balneário Camboriú. Celle-ci présente, en effet, des formes de fragmentation socio-spatiale, une des composantes de la métropolisation, particulièrement exacerbée dans le contexte brésilien.

Le processus de relégation spatiale de certains groupes sociaux a émergé à Balneário Camboriú dès les premières années de l’accélération de sa croissance touristique et urbaine. La difficulté à acquérir – voire simplement à maintenir – une résidence sur le front de mer pour les premiers habitants du lieu les a souvent contraints à habiter dans des zones résidentielles plus éloignées du front de mer où elles ont pu, toutefois, maintenir un habitat sous forme de résidences individuelles. Ce n’est pas le cas de la main d’œuvre saisonnière pour qui aucune infrastructure de logement n’a été pensée, comme dans la plupart des lieux touristiques. Or, grâce à la proximité de la ville industrialo-portuaire d’Itajaí, les opportunités d’emplois sont plus nombreuses que dans l’intérieur de l’État du Santa Catarina, et beaucoup de travailleurs ont choisi de s’y installer définitivement. Bien souvent, ils se sont trouvés relégués dans des quartiers périphériques où l’habitat informel s’est développé sur les premières pentes des morros14. Beaucoup ne possédant pas de voiture et le réseau de transports publics local étant particulièrement déficient, cette mise à distance ne facilite pas les navettes domicile-travail. Toutefois, les favelas restent rares à Balneário Camboriú où la grande pauvreté est beaucoup moins présente que dans le Sudeste et le Nordeste du Brésil.

Les contrastes en termes de richesse et de développement n’en demeurent pas moins criants et sont à l’origine de logiques de fragmentation urbaine. Ce processus revêt plusieurs dimensions dont la plus évidente est la fragmentation spatiale. Elle correspond à des logiques de fermeture et de sécurisation de l’habitat qui aboutissent à une juxtaposition de fragments urbains désolidarisés les uns des autres (Dorier Aprill, 2007). Il s’agit d’ailleurs, plus exactement, d’une fragmentation socio-spatiale, puisque seuls les plus aisés sont en mesure de développer ces stratégies de repli (Capron, 2004). Ainsi, l’aménagement d’une marina à l’embouchure du Rio Camboriúa conduit à la privatisation d’une portion de ses rives, espace jusqu’alors public. Cette séparation se matérialise dans le paysage par un haut mur qui isole le lieu où sont entreposés les bateaux du reste du quartier. Cet exemple révèle aussi la dimension sociale que peut revêtir la fragmentation : cette privatisation des berges du fleuve correspond à une logique d’enfermement voulue par une élite. Elle crée des territorialités microlocales fondées sur l’entre-soi (Le Goix, 2003 ; Capron, 2004), dans la continuité de celles qui ont présidé à la mise en tourisme de la plage de Cabeçudas puis de Balneário Camboriú.

Or, rien n’aurait été possible sans l’aval des autorités locales. En effet, au lieu d’être gérée comme une totalité, la ville présente des contrastes en termes d’équipements publics (transports, logement, voirie) dont la structure révèle une troisième forme de fragmentation, de nature politique. Le réseau de transport public est, ainsi, très chaotique : les bus sont peu nombreux pour une ville de la taille de Balneário Camboriú et, surtout, les quartiers périphériques présentent une desserte largement défaillante. En période estivale, l’afflux de touristes en voiture privée contribue à congestionner le trafic routier tandis que l’étroitesse des rues et le nombre des voies à sens unique, totalement inadaptés aux niveaux de peuplement et de fréquentation touristique, aggravent la situation.

Enfin, la fragmentation économique demeure plus limitée puisque, malgré de forts contrastes de richesses, les plus pauvres bénéficient des retombées de l’activité touristique, que ce soit sous forme d’emplois légaux ou en travaillant dans le secteur informel. Balneário Camboriú possède, d’ailleurs, l’un des meilleurs indices de développement humain du Brésil. En 2000, son IDH s’établit à 0,867, ce qui place la ville au septième rang national15, l’IDH moyen du Brésil étant alors de 0,723. Les statistiques sont nettement moins favorables lorsqu’il s’agit de mesurer les inégalités locales. Avec un indice de Gini de 0,59, voisin de la moyenne brésilienne (0,60), le município n’est classé qu’au 3 747e rang. Or, le Santa Catarina fait partie des États les moins inégalitaires du Brésil. Ce décalage entre niveau général de développement et répartition de la richesse vient confirmer de manière statistique, les observations empiriques effectuées précédemment. Toute la population de Balneário Camboriú ne profite donc pas dans les mêmes proportions des bénéfices de la manne touristique.

Jusqu’à nos jours, la collusion entre gestion municipale, d’une part, et intérêts économiques liés au marché de la construction, d’autre part, reste de mise. Si les nouvelles élites urbaines se diversifient, s’est pour s’ouvrir aux professions libérales ou aux entrepreneurs, autant dire aux classes privilégiées de la ville. Or, l’État fédéral ne légiférant pas en matière d’urbanisme, la mairie de Balneário Camboriú bénéficie d’une grande marge de manœuvre dans l’élaboration de son plan directeur. Dans un tel contexte, les initiatives publiques favorisent les intérêts de la classe dominante et des touristes qui bénéficient d’arbitrages favorable lorsque surviennent des conflits d’usage (accès à l’eau, privatisation des espaces publics, congestion du trafic routier).

 

Conclusion

          À la différence d’autres villes touristiques brésiliennes, comme Rio ou Fortaleza, Balneário Camboriú n’a pas été façonnée par l’afrancesamento des paysages urbains et des mœurs de ses habitants. Ce processus, qui caractérise les élites urbaines latino-américaines – mais qu’on retrouve aussi dans d’autres parties du monde – se déploie au Brésil dans les trois décennies suivant la proclamation de la République (1889). Le modèle français incarne alors un idéal de modernité. Les paysages des villes brésiliennes se trouvent aussi en partie transformés par le développement d’un art de vivre inspiré de la vie parisienne (cafés, opéras, salles de bal…) et de formes architecturales influencées par le courant éclectique alors en vogue en France.

L’absence de traces de cet urbanisme à Balneário Camboriú s’explique tout simplement par son intégration tardive aux lieux fréquentés par la bourgeoisie brésilienne de l’époque. Le fait que sa mise en tourisme ait été postérieure aux derniers échos de la Belle Époque française au Brésil, peut constituer un facteur d’explication au même titre que l’origine allemande et non pas latine des premiers acteurs du tourisme.

Village de pêcheurs que des causalités multiples ont érigé en pôle central de la riviera catarinense, Balneário Camboriú continue d’attirer toujours plus de touristes et de résidents malgré ses problèmes de mal-développement : engorgement des axes de communication, urbanisme et urbanisation mal maîtrisés, pollution… En effet, sans être pourvue de fonctions aussi complètes que Florianópolis, capitale du Santa Catarina, Balneário Camboriú concentre les opportunités de recréation pour les uns et d’emplois pour les autres. Le secteur des services y présente un dynamisme entretenu par des innovations constantes en matière d’offre touristique, ce qui contribue aussi à créer de nouveaux emplois. Avec Itajaí, son doublon industrialo-portuaire, Balneário Camboriú tend ainsi à s’imposer comme une métropole régionale dont le rayonnement s’étend le long du littoral catarinense mais aussi, de plus en plus, en direction de l’arrière-pays.

Notes de bas de page

(1) Groupe de recherche « Mobilités, Itinéraires, Tourismes » de l’université Paris 7 – Denis Diderot.

(2) L’équipe MIT distingue la notion de « recréation » de celle de « récréation » : « Recréation est un terme englobant qui a pour but de définir la finalité du tourisme ou l’intentionnalité des touristes lorsque ceux-ci ont des pratiques touristiques (…). La recréation est un moyen pour l’individu de se reconstituer physiquement et mentalement » (équipe MIT, 2003).

(3) De l’État du Santa Catarina.

(4) Les termes colonos et colonização ne seront pas traduits car leurs équivalents français (« colons » et « colonisation ») renvoient à l’idée de conquête alors que, dans le cas précis, il s’agit d’un peuplement librement consenti par les autorités politiques brésiliennes autant que par les pionniers venus d’Europe.

(5) Les dirigeants brésiliens de l’époque sont favorables au blanchiment de la race, utilisant le métissage pour diluer progressivement la présence des Noirs. Pour ce faire, ils mettent en place une politique volontariste d’immigration en provenance d’Europe (Allemagne, Italie, Empire austro-hongrois, Russie) mais aussi du Japon.

(6) Aucune date précise de sa fondation n’a été trouvée. La première mention de son existence date de 1912 (A. R. Christoffoli, 2003).

(7) Aéroport de Florianópolis à 80 km de Balneário Camboriú avec une escale à Porto Alegre.

(8) Aéroport de Navegantes à 34 km de Balneário Camboriú.

(9) Nom donné aux habitants du Rio Grande do Sul.

(10) La plus petite subdivision administrative du territoire brésilien ; l’équivalent des communes en France.

(11) La première église catholique avait été construite dès 1925.

(12) Soit deux ans après le Plano Real lancé à l’échelle nationale par le président Itamar Franco et dont l’objectif était de contrôler l’inflation. Il incita les classes moyennes à contracter un crédit, ce dont profita le secteur immobilier. Quelques années plus tard, les Argentins ont aussi massivement investi dans l’immobilier à Balneário Camboriúmais il s’agissait cette fois de mettre à l’abri leurs économies dans le contexte de crise qui frappa leur pays en 2001.

(13) Toutefois, Balneário Camboriú ne possède pas de casino conformément à l’interdiction des jeux de hasard sur le territoire brésilien depuis un décret-loi de 1946.

(14) Relief résiduel en saillie. On peut traduire par « morne » en français ou « pain de sucre ».

(15) Sur un total de plus de 5 500 municípios.

 
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Pour citer cet article :

Le Brazidec Nicolas, «Balneário Camboriú(Brésil) : de la station balnéaire créée ex-nihilo à la métropole régionale», RITA, N°3 : Avril 2010, (en ligne), mise en ligne le 6 avril 2010. Disponible en ligne http://www.revue-rita.com/content/view/79/136/

 

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